Entrevue avec : Max

L’artiste derrière Signs & Crimes

26 août, 2026

Il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé le travail de Maxime sans même le savoir. Dans les rues de Montréal, son univers se retrouve un peu partout : sur l’enseigne d’un barber shop de La Petite-Patrie, sur un collant de Signs and Crimes apposé à une boîte aux lettres ou encore dans l’une des peintures réalisées pour les Canadiens de Montréal en 2023-2024. Son travail se déploie dans une plusieurs de contextes et pourtant l’artiste qui se cache derrière ces œuvres demeure, pour plusieurs, encore méconnu. Dans le cadre de notre prochaine exposition dont il fera partie, Maxime aussi connu sous Shock a accepté de répondre à nos questions afin de nous parler de sa démarche et pour en apprendre davantage sur son parcours. À travers ses réponses, nous vous invitons à découvrir l’univers d’un artiste montréalais, dont le travail mérite assurément d’être découvert.

Autodidacte, Max développe une approche du sign painting, un type de peinture qui consiste à réaliser des lettrages sur les bâtiments, les panneaux d'affichage ou les enseignes, afin de promouvoir, d'annoncer ou d'identifier des produits, des services et des événements. À travers cette démarche, Max a su se démarquer soit en jouant avec les contrastes, les couleurs et en faisant usage de la feuille d’or dans plusieurs de ses œuvres. D’autant plus, Max peint principalement sur vitres, ce qui rend sa démarche d’autant plus complexe et minutieuse. Ceci lui demande de peindre à l'envers, soit en miroir, pour que la réflexion depuis l’extérieur soit de face. Bien qu’il ait réussi à développer une démarche plastique propre à lui, le fond de ses œuvres rend celles-ci tout aussi distinctives. On constate un énorme travail dans la recherche de références culturelles du côté de l’artiste.

À travers les réponses de Maxime, on retient que sa démarche artistique qui est loin d’être simple ne l’empêche pas du tout de proposer des œuvres dont le style et le rendu ne peuvent laisser indifférent. Il a également démontré que son début dans le milieu du graffiti lui a ouvert la voie à l’exploration de différentes avenues, lui permettant de développer au fil du temps un style et une signature artistique propres à ses référents culturels.

Dans le cadre de notre prochaine exposition, Max souhaitait faire tribune à SIKE en faisant référence à l’un des premiers graffitis que SIKE a réalisés lors de son premier voyage à Montréal. Située dans la station du métro Saint-Laurent, cette œuvre est parvenue à l’époque à marquer l’imaginaire collectif. À une époque où le graffiti se faisait rare, SIKE a osé se lancer un défi audacieux en réalisant un graffiti monumental dans un lieu public et très fréquenté. Un acte qui a éveillé une génération de jeunes artistes à sortir des cadres artistiques traditionnels.

Introduction sur l’artiste :

Entrevue entre Max et Étude :

Vers où vois-tu ton travail évoluer dans les prochaines années?

Je vois mon art continuer à évoluer autour de la lettre, tout en perfectionnant les techniques de peinture en lettres. J’ai aussi envie de continuer à expérimenter, notamment en explorant de nouveaux matériaux, formats et façons de présenter mes œuvres. Selon moi, le support sur lequel mon travail est présenté est aussi important que l’œuvre elle-même. Sa forme, sa couleur et sa texture peuvent rehausser l’œuvre et contribuer pleinement à son impact visuel.

Notre prochaine exposition s’intéresse au travail d’artistes ayant marqué la scène artistique de Toulouse. Parmi eux, on retrouve SIKE. Dirais-tu qu'il a eu une influence importante sur la scène internationale et sur ta propre pratique ?

Toulouse possède depuis longtemps une scène de graffiti très riche. Je crois que nous avons tous été fortement influencés par SIKE et son travail acharné dans les rues et sur les trains, que ce soit à Montréal ou à Toulouse. Son influence, tant par son style que par son audace, se fait encore sentir aujourd’hui. Sa formule chrome et noir, qu’on retrouvait partout autour des Habitations Jeanne-Mance, au centre-ville de Montréal, est encore une recette gagnante que j’utilise moi-même régulièrement lorsque je peins. Son travail m’a marqué autant par sa qualité que par sa constance. Sa longévité en fait un acteur important de la communauté internationale du graffiti. On peut donc dire que l’empreinte que SIKE a laissée sur la scène du graffiti montréalais au début des années 90 est inestimable. Il a su influencer les générations suivantes, dont font partie des artistes comme Toone, Debza, Metro et moi-même. Cette même énergie se retrouve aujourd’hui dans son travail en galerie.

Sachant que les graffiti fonctionnent comme des signes et que tu fais souvent usage d’éléments à caractère « nostalgique » dans ton travail, comment décrirais-tu ton art? Est-ce qu’il se distingue de celui des autres dans ton milieu? Si oui comment?

Comme pour le graffiti, la lettre fait partie intégrante de mon travail. Les techniques, outils et matériaux que j’utilise sont généralement les mêmes que ceux d’un lettrage traditionnel, mais mes sujets, références et inspirations découlent de mon parcours et de mes expériences personnelles. Mon travail est majoritairement influencé par la culture populaire des années 80 et 90 (publicité, faits divers, sports, musique, etc) ainsi que par ses différentes sous-cultures. Je produis des œuvres d’art plutôt que d’offrir un service à un commerçant ou à une entreprise quelconque. Je ne me considère donc pas du tout comme un lettreur conventionnel.

« Signs & Crimes ». D'où t'est venue l’idée d'utiliser cet username dans ton identité artistique? Trouves-tu que ton art repousse les limites de l’interdit? Si oui, comment ?

C’est plutôt un nom que j’ai donné à mon projet d’exploration du lettrage, et non à une identité artistique. Ces mots font référence à mes principales inspirations, soit le « sign painting » et le graffiti. Le nom « Signs & Crimes » évoque donc la rencontre entre ces deux univers qui, bien que très différents, font tous deux partie de mon parcours et de ma façon d’aborder la lettre.

Raconte-nous ton parcours en m’expliquant ton rapport/lien au street art.

Pendant plus de 25 ans, j’ai pratiqué le graffiti de manière intensive. J’ai un jour décidé de poursuivre d’autres intérêts en y mettant cette même énergie et ce même dévouement. Le « sign painting » était quelque chose qui m’avait toujours fasciné et, vu mon intérêt pour la lettre, le design graphique et le branding de l’ère pré numérique, ça me semblait être la suite logique de mon parcours. Apprendre un nouveau « craft » et avoir l’impression de recommencer à zéro était un défi qui m’attirait.

Heures d’ouverture
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